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All you need is slow

Le club des paresseux veut faire passer le Japon à l'ère du zéro électrique : 100% unplugged.  Slow is beautiful!

Le Sloth Club, le club des paresseux

Dans les années 60, le Japon vit son boom Izanagi, le miracle industriel qui propulse l'économie nipponne au deuxième rang mondial. À l'époque, même les hippies sont emballés au cri de "Make money, not war ! ", faites du fric, pas la guerre. Cinquante ans plus tard, la Chine a ravi aux Japonais la deuxième place sur le podium des pays riches et l'archipel est en proie au doute. Les hippies nippons se réveillent avec la gueule de bois et se rallient autour d'un nouveau slogan : "Ralentissez !"

Tous les ans, les disciples de la décroissance se la coulent douce ici à Tokyo au Earth and Peace Festival les yeux rivés sur leur modèle : le paresseux. Le Sloth Club, le club des paresseux n'a pas pour mission de sauver les mammifères les plus lents de la planète de leur inéluctable extinction, mais de devenir comme eux. Depuis plus de 20 ans, Keibo Oiwa tire la sonnette d'alarme sur l'enfer du nucléaire. Anthropologue de formation et auteur d’une dizaine de livres sur le "slow life", Keibo est le fondateur du "club des paresseux".  C’est lors d'un de ses voyages dans les forêts tropicales équatoriales qu'il a la révélation en tombant nez à nez avec un paresseux.

Pour son coup d'essai, il a choisi Yokohama, la deuxième ville du Japon. Le "club des paresseux" est contraint de retrousser ses manches pour construire un temple bouddhiste uniquement avec des produits naturels. Pas question de tronçonner le moindre cerisier, tout le bois utilisé provient d'arbres déracinés par le tsunami. Ici, la paille remplace l’amiante comme isolant, la corde et la bouse de vache font office de mortier. Cerise sur le gâteau, le temple n’a rien coûté puisque les paresseux ont travaillé à l'œil. Donc en plus d’être écolo, ce projet ne fait pas avancer l’économie nippone. C'est le deuxième objectif de Keibo Oiwa.

L'homme le plus slow du monde

À seulement 60 kilomètres de Fukushima, près de la ville de Nasu, l’inventeur Yasuyuki Fujimura a construit son atelier 100% non-électrique.  Contraint de fermer la plupart des réacteurs nucléaires, le gouvernement a imposé des restrictions sur la consommation d’énergie. Du coup, depuis un an, les inventions de Fujimura-san attirent trois fois plus de curieux. Humidificateur, garde-manger isotherme, cuisinière solaire et même aspirateur, ici, tout est unplugged ! L’invention la plus populaire de Fujimura-san au pays du thé vert c'est un mini-engin pour torréfier soi-même son café. Il en a vendu plus de 10 000 exemplaires !

À Tokyo, le Club des Paresseux a établi son quartier général dans le quartier de Kokubunji. Autour du café slow, on trouve de tout pour vivre au ralenti, des légumes bios à toute une ribambelle de produits équitables. C’est aussi ici que les membres du Sloth Club troquent des objets, et mettent au point leur stratégie de décroissance. Chaque année, pendant le solstice d’hiver, la "candle night" ou "nuit des bougies", appelle à réfléchir à sa consommation énergétique. Son principe : ne pas utiliser d’électricité pendant deux heures. Un an après Fukushima, cet événement mondial prend un sens tout particulier au Japon.

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