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Avec les "Hair Wars", la guerre des cheveux est déclarée !

Les "Hair Wars" se déroulent au COBO, un parc d’exposition de 220 000 mètres carrés en plein cœur de Detroit, aux Etats-Unis. On dégaine les bigoudis pour un crêpage de chignon XXL chez les Figaro américains.

Hair Wars

Detroit, le berceau de l'industrie automobile américaine, est aussi depuis vingt ans la Mecque des coupeurs de cheveux en quatre, des merlans, des faucheurs de douilles. Loin du monde cruel, dans cette bulle de perfection où tout n'est que luxe et volupté, ils sont plus de 300 venus de tous les Etats-Unis à la poursuite de la coupe ultime. Depuis plus d'un siècle, avec la fondation de la première usine Ford en 1903, Detroit - alias Motorcity - concentre l'industrie automobile américaine. Ses chaînes de production gourmandes en main-d'œuvre placent la ville en première ligne de l'Underground Railroad, la route informelle que suivaient les Noirs du sud pour fuir les Etats esclavagistes. Cette vague d’immigration fait exploser la population de la ville à plus de 1,5 million d'habitants en 1930, noirs à 85%, ce qui va alimenter les tensions raciales.

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Les salons de coiffure, nouvelles galeries ?

En 1959, la Motown, qui fait sortir la soul music du ghetto, est créée par le producteur Berry Gordy. Véritable usine à tubes, elle donne naissance aux Supremes, aux Temptations et autres Jackson Five. Trente ans plus tard, la scène gay de Detroit accouche de la house music. Un bouillonnement de culture afro-américaine qui n'épargne pas les salons de coiffure.

En 2012, on estime que le marché du cheveu afro-américain représente 9 milliards de dollars, autant que les recettes d'Hollywood aux Etats-Unis. De quoi voir pulluler dans le pays des supermarchés dédiés aux tifs ! Tori J, 30 ans, est l’exception qui confirme la règle. En deux éditions des Hair Wars, ce tatoué qui se fait surnommer "roi du cheveu" s'est imposé comme le champion de la tignasse afro-américaine et le Mister cool des Hair Wars.

Depuis les années jazz, et surtout à l'époque du Black Power, la coiffure chez les Noirs américains fait partie de la panoplie du "I'm Black & I'm Proud". Après les sixties, le show-biz passe par là, réinventant, colorant, décolorant et lissant l'héritage africain dont se revendiquaient les Panthers. En se métamorphosant selon les modes, des dreadlocks rastas aux tresses gangstas, des sharp cuts des rappeurs au feu d'artifice à la Nicki Minaj, le cheveu a perdu sa charge militante. Pourtant, loin du défrisage à la Mickael Jackson, Teddie, elle, défend ses tresses !

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Hair wars

6 photos

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Reportage : France Swimberge et Gregory Gargiulo.

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