TRACKS NEWS / 01-11-15 / Back in the USSR ?
CENSURE EN RUSSIE

Back in the USSR ?

Blogs, mèmes, sites d’artistes et d’opposants mais aussi géants d’internet menacés… le pouvoir russe resserre les boulons pour cadenasser la liberté d’expression sur internet en s’appuyant sur une autorité de censure aux pouvoirs constamment élargis.

Depuis quelques mois, on dirait le retour du tintouin au pays des Soviets. Le Roskomnadzor, l’organe de surveillance des médias et d’internet en Russie, ressemble de plus en plus au département de censure de l’URSS, le Glavit. Depuis le printemps dernier, tout internaute qui désire ouvrir un blog doit le signaler au Roskomnadzor et l’autorité a aussi désormais le droit d’accéder aux correspondances privées et aux données personnelles des utilisateurs des réseaux sociaux. Autant de menaces sur la liberté d’expression qui viennent s’ajouter à la longue liste des interdictions que le Roskomnadzor assène à tour de bras depuis quelques mois dans un pays où environ 80 000 sites sont déjà censurés. En avril, l’autorité a interdit tous les mèmes qui « ne respecteraient pas la personnalité de la célébrité qu’elles parodient » (autant dire tous les mèmes…) interdisant donc de fait tous ceux de Poutine qui pullulaient en Russie. Bonne nouvelle cependant : le compte Twitter RuNet Memes, créé par l’ONG basée à Amsterdam Global Voices, a décidé de diffuser les mèmes russes bannis et puis Poutine restant le meilleur et le plus prolifique parodiste de lui-même, les internautes russes peuvent au moins continuer à se gondoler légalement devant les images du Président torse nu à cheval, remontant un amphore du fond des mers ou en kimono sur son tatami…

RuNet Memes

@ Twitter

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Au mois de mai dernier, c’est à Wikipédia que le Roskomnadzor s’est attaqué en menaçant l’encyclopédie en ligne de fermeture si elle ne retirait pas de ses pages russes un article sur le « charas », une sorte de cannabis. Mi-août, elle a bloqué le site Reddit pendant quarante huit heures à cause d’un article sur la culture des champis. Et aussi lancé un ultimatum à Google, Facebook et Twitter leur intimant de censurer certaines pages de leurs utilisateurs sous peine d’être eux-mêmes tout simplement bannis de Russie.

Parmi les victimes du grand nettoyage du big brother russe : le site de Krovostok, figure du Mat Rap, le hip hop sale et méchant made in Russia, sur lequel on pouvait lire ses paroles vient d’être interdit. A défaut de faire un tour sur leur site, on peut toujours les écouter dans Tracks, qui les a rencontré en 2099.

Tracks : Mat Rap (Dirty Russian)
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