TRACKS NEWS / 12-06-18 / Un petit tour à Tchernobyl ...
MAD FALLOUT

Un petit tour à Tchernobyl et puis s’en va

Avec le Chernobyling Festival, la mémoire du désastre nucléaire sert de support pour l’imaginaire post-apocalyptique...

Depuis l'esprit de paranoïa de la guerre froide pendant laquelle les Américains se sont passionnés pour les bunkers, jusqu’à la pléthore de films, romans et jeux-vidéo qui ont éclos dans la suite du XXème siècle, l’imaginaire post-apocalyptique est devenu incontournable. Quoi de mieux donc que de lui faire honneur près d’un des lieux mythiques de son univers, la centrale nucléaire de Tchernobyl ? Lancé grâce à une campagne de financement participatif, le Chernobyling festival se déroule dans Kiev, la capitale ukrainienne. Au centre des activités prévues du 31 août au 2 septembre prochains, un lieu censé résumer l’esprit de l’évènement : une mine artificielle reconvertie en paradis pour fans de Mad Max. Les organisateurs promettent une ville pré-reconstituée typique de l’imaginaire post-apocalytpique, avec ses ateliers et ses villageois grimés comme de parfaits survivants du désastre à venir.

Chernobyling Festival 2018

Chernobyling.com

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Au programme : exposition de street art (parce dans un monde sans loi, on peut graffer absolument partout), des concert pop et métal (parce que quand on a tout perdu il est aussi important de crier sa haine que de s’enrober de mielleuses mélodies), mais aussi la batterie intégrale de l’entraînement du parfait petit survivaliste : sports extrêmes, séances de tir, ateliers débrouille et tutti quanti. Comme il faut parfois sortir de son trou au péril de sa vie, des séances d’urbex sont prévues dans Kiev et ses environs, ainsi que des visites historiques des bunkers et bâtiments militaires : la fascniation pour le désastre est visiblement du même bord viril que la passion du soldat. Enfin un festival pour hippies de droite ! Enfin, parce qu’on vit quand même encore dans un monde organisé et civilisé, une conférence est organisée sur la catastrophe nucléaire la plus dévastatrice du continent européen, ainsi qu’un appel aux dons à destination des sinistrés de Tchernobyl qui habitent encore dans la zone irradiée. Dans ce qu'il propose comme émotions extrêmes, ce Chernobyling catastrophiste rappelle les opérations de tourisme de l'extrême, qui invitent les voyageurs avides de sensation du Liban à la Syrie. Mais quel intérêt pour les autorités ukrainiennes d'autoriser le festival, sinon un effort de victimisation utile pour enquiquiner les Russes et leur responsabilité dans la tragédie nucléaire ?