TRACKS NEWS / 04-02-10 / Chris Burden, l'apôtre du d...

Chris Burden, l'apôtre du danger dans l'art

Givré de la gâchette ou performer de génie ? Confessions de Chris Burden, l'apôtre du danger dans l'art.

Il a fait de son corps un punching ball. Du plomb, du feu ou du verre pillé, il a tout encaissé. Pionnier du body art dès 71, Chris Burden est aujourd'hui une star de l'art titanesque. Depuis 40 ans, sa devise est la même : repousser les limites coûte que coûte.  Pour Chris, l'art doit être dangereux. À sa sortie de la faculté, le jeune artiste américain, âgé de 25 ans, entame une série de performances à coup d’électrocution, de pendaison ou de strangulation, qui vont bouleverser l'art contemporain. C'est au bout d'une route sinueuse du canyon de Topanga, à Los Angeles, que le casse-cou Chris Burden a établi son QG. Élevé dans la moyenne bourgeoisie de Boston, Chris Burden débarque en Californie à la fin des années 60 pour y suivre des cours d'art, de physique et d'architecture. Son petit nid douillet est au coeur de Venice Beach, le quartier trash du Los Angeles de l’époque.

 

Chris Burden

Biographie

+
-

En 71, fraîchement diplômé, il dégaine la plus radicale de ses performances : Shoot, tir en vf. Sa cible : la violence politique qui sévit contre la jeunesse américaine. Au beau milieu d’une galerie, Chris se fait tirer dans le bras par un ami à cinq mètres de distance. L'artiste Chris Burden, véritable agence tout risque, s'exprime sur l'une de ses plus célèbres performances "Five Day Locker Piece".  Il dévoile par la même occasion les rapports intimes qu'il a pu entretenir durant  cinq jours avec une paire de tubes en caoutchouc. 

Un an plus tard, il se couche pendant un mois entier au fond d'un lit installé dans une galerie d'art. Dans l'une de ses dernières performances, Chris Burden se crucifie sur l'arrière d'une coccinelle vrombissante. À la fin des années 70, Chris Burden, professeur à l'université de Californie met les performances corporelles au clou. Désormais, ce sont les machines qui prennent les risques à sa place. Après avoir dépassé les limites de son corps, Burden s'attaque à la réalisation de pièces magistrales. En 2008, il expose pendant une semaine sur la 5e Avenue à New York, une réplique du Rockefeller Center en forme de mécano géant.

Depuis 81, il est atteint par le syndrome du modélisme version XXL. Aujourd'hui dans son atelier, Burden est en train de créer une œuvre délirante. Pour plusieurs centaines de milliers de dollars, le Musée d’Art Contemporain de Los Angeles lui a passé commande d'une mini-ville géante pour orner son parvis.

Reportage : France Swimberge

Dans leurs favoris (3)