TRACKS NEWS / 19-12-17 / De la sueur et des larmes
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De la sueur et des larmes

Souvent, une session de sport se transforme en séance de torture. Pas étonnant quand on remonte aux origines – souvent sombres – des machines à gonflette où l’humanité va trimer. 

Pour conclure cette semaine consacrée au bien-être, à l’occasion de la diffusion d’un Tracks spécial que vous pouvez revoir ici, voici de quoi calmer les ardeurs de celles et ceux qui vont s’échiner compulsivement le popotin à la salle de sport. La prochaine fois que vous grimperez sur une machine, vous saurez vraiment où vous mettez les pieds. Si vous n’avez pas encore vu « Tracks spécial bien-être », vous pensez encore que le tapis de course, par exemple, est une bien belle invention d’un philanthrope qui ne pensait qu’au galbe des mollets des hommes. Tu parles ! Apparu au Ier siècle après J.-C, ce qui est à l’origine une sorte de grande roue de hamster sert à porter des charges lourdes puis, mue par des bestiaux, est dévolu aux tâches agricoles dans les fermes et moulins au XIXème siècle. Et c’est un fils de meunier, William Cubbit, qui aura l’idée de faire grimper les premiers humains sur le tapis roulant à la même époque. Il suggère d’utiliser le treadmill (contraction de « bande roulante » et « moulin » en anglais) à grande échelle pour « guérir de leur oisiveté » les prisonniers. Son escalier infernal entre dans les prisons britanniques et les détenus y marchent entre six et dix heures par jour. Soit l’équivalent de la moitié du Mont Everest… 

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Sport = Torture

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Et les pilates ? Oui, les pilates, ce sport de it girl popularisé par les stars américaines. Eh bien les pilates : pas mieux ! Au départ, l’histoire de cette méthode est à peu près aussi gaie que celle des Misérables puisque son inventeur, l’Allemand Joseph Pilates, est un enfant rachitique et asthmatique, souffrant de surcroît d’une malformation de la jambe, qui rêvait de pouvoir faire du sport aussi bien que son papa, gymnaste médaillé, mais sans le pouvoir (attendez, la suite est pire). Quand la Première Guerre Mondiale éclate, il émigre en Angleterre et est interné sur l’île de Man, comme beaucoup d’étrangers à l’époque. Entouré de prisonniers malades, il a l’idée de leur faire faire de l’exercice pour améliorer leur condition physique et développe sa méthode qu’il appelle « contrôlogie » puisqu’elle fait appel au cerveau pour contrôler la tension des muscles. Plus tard, Pilates met au point sa machine à ressorts pour aider les blessés de guerre dans leur guérison. Donc, avant les corps galbés en lycra, ce sont des corps abîmés et meurtris qui ont étrenné le fameux reformer. Un système qui, soit dit en passant, forçait l’admiration des nazis qui avaient même tenté de recruter Joseph Pilates… 

Quant à l’épreuve reine et noble de la course à pied, le marathon, sait-on seulement ce qu’elle a coûté à celui qui en est à l’origine ? Le jeune Phidippidès, messager grec, qui avait parcouru les 40 kilomètres de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire contre les Perses en 490 avant J.-C, est arrivé à bout de souffle sur la colline de l’Aéropage, sur les hauteurs de la ville. Et, juste après avoir délivré son message, il s’est effondré et ne s’est jamais relevé. Voilà : premier marathon, un mort. 

Loin des tortures du sport, il existe des moyens de joindre l’utile et l’agréable en cumulant exercice avec un autre sport national : le débouchage de bouteille (mention spéciale à l’alcoolo gym, pépite oubliée des grandes heures de la télévision française). A consommer toutefois avec modération, l’abus d’alcool étant, encore et toujours, mauvais pour la santé.