TRACKS NEWS / 14-02-18 / Monstres sacrés
Freaks

Monstres sacrés

Oyez oyez ! Des liliputiens, des géants, des sœurs siamoises et des femmes à barbe : la grande parade des freaks passe près de chez vous cette semaine avec, dans ses bagages, des cadeaux à gagner pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux… 

Une femme qui serait sortie en hurlant, une autre qui aurait fait une fausse couche… Ce soir de janvier 1932, à San Diego, la projection de Freaks, la monstrueuse parade pose le jalon du destin de ce film : à l’image des monstres de foire qu’il met en scène, il sera longtemps un paria du cinéma. Attaqué par des groupes de pression catholiques, étrillé par la critique, Freaks est retiré de l’affiche quelques mois après sa sortie et sonne le glas de la carrière de son réalisateur, Tod Browning, qui avait signé le premier Dracula parlant avec Bela Lugosi l’année précédente. Surnommé le « Edgar Poe du cinéma », l’acteur-scénariste-réalisateur américain, auquel la Cinémathèque de Paris consacre une rétrospective du 14 février au 4 mars, fut bonimenteur, clown et blackface. Dès l’âge de seize ans, il fréquente les sideshows, ces cirques itinérants de la fin du XIXème siècle dont les freaks, immortalisés par la photographe Diane Arbus qui était fascinée par eux, sont le clou du spectacle. En mettant en scène dans Freaks les corps et les sentiments d’hommes-troncs, sœurs siamoises, nains et autres « anomalies de la nature» - une première sur grand écran - Tod Browning a choqué l’Amérique du début du siècle, celle où règne la loi du plus fort, en questionnant la monstruosité et en tendant un miroir à tous les marginaux de la société américaine qui pouvaient s’approprier la devise des freaks : « En blesser un, c'est les blesser tous ».

Trop avant-gardiste pour son temps, Freaks est jeté aux oubliettes pendant trente ans avant d’être redécouvert dans les années soixante et devenir culte. Le classique de Tod Browning devient une influence importante du cinéma de la deuxième moitié du XXème siècle. Parmi les héritiers en ligne directe du film : Les Nains aussi ont commencé petits, de Werner Herzog, Elephant Man de David Lynch et, plus récemment, la saison 4 d’American Horror Story, qui se déroule dans un freak show…

Dans une version comédie musicale et bien plus édulcorée que le film de Browning, les freaks viennent aussi de faire leur show hollywoodien dans The Greatest Showman, sorti en janvier, dans lequel Hugh Jackman joue Phineas Taylor Barnum, roi des freak shows et créateur du cirque du même nom. Le coffret Freaksploitation, sorti récemment chez Bach Films, renvoie Jackman et sa copine la femme à barbe à leurs gentilles vocalises et pas de deux. Petit aperçu pour vos beaux yeux de cette collection de cinq films de genre consacrés aux freaks que nous vous offrons. 

/!\ /!\ /!\ YOUPI DES CADEAUX /!\ /!\ /!\

La Boum version âge de pierre avec EEGAH (USA, 1962) où les amours d’un géant préhistorique et d’une adolescente.

Kung fu sans les mains avec Les 7 successeurs du super maître de Shaolin (Taiwan, 1980) dans lequel ledit super-maître recrute d’anciens disciples diminués physiquement mais très très en colère.

Deux flics à Miami dont un n’a pas de jambes mais deux fusils arrimés à son fauteuil roulant avec L'infernale poursuite (USA, 1978)

Là c’est sans les mains et sans les pieds avec deux frères mutilés qui combinent leurs forces dans Les Monstres du Kung Fu (Hong Kong, 1979)

Et enfin L'invincible kid du kung-fu (Philippines, 1979) met en scène l’agent secret le plus freaks de la galaxie : Agent 00, alias Weng Weng, 80 centimètres, qui travaille pour Interpol à Manille.  

Pour gagner ces coffrets Freaksploitation, écrivez-nous dans la section commentaire ci-dessous. Dites-nous pourquoi vous le valez bien. Comme d’habitude, cirage de godillots et mauvaise foi bienvenus !