Gaika : Le côté obscur du dancehall

Le grime était presque parfait : Gaika a tenté de l’emmener un cran au-dessus en lui donnant un ADN “future dancehall” froid et mystique.

Sa musique est officiellement estampillée "gullyish throb", "vomi de caniveau" en français : voilà qui pose les bases d’une écoute saine et rafraîchissante ! C'est comme ça que Gaika Tavares, né de parents caribéens et élevé dans la pépinière d’artistes qu’est Brixton, à Londres, tente de nommer le son hybride qu’il produit, à mi-chemin entre darkwave et dancehall. Un son dark, noirci par le penchant du monsieur pour les ambiances cyberpunk d’Akira et de Ghost In The Shell. Rafraîchissant, décidément !

GAIKA - BLASPHEMER
Blasphemer - Gaika
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Petite-fille sale du grime, rap tranchant et gavé de basses qui sévit toujours outre-Manche, la musique de Gaika revendique une certaine filiation avec les patrons du genre, de Wiley à Skepta, mais tente une voie de traverse dont elle ne semble ne pas connaître l’issue lui-même. Résultat : ses live n’ont pas grand-chose d’une promenade de santé pour le spectateur…

Mais ce n’est pas parce qu’on joue aux cyborgs qu’on n’a pas le droit de lever le poing : plusieurs morceaux de Gaika défendent la cause des Noirs, notamment en réaction aux bavures policières américaines commises en 2014, dont les vidéos ont circulé sur le net. Révélé en fanfare en début d’année 2016, Gaika peut aujourd’hui s’enorgueillir d’une collaboration avec le boss du queer rap Mykki Blanco, et tourne partout en Europe. Tracks l’a rencontré lors d’une étape de sa tournée au Musée du Quai Branly à Paris.

Un reportage de Laure Chastant
Images : Gérard Maximin
Son: Alexandre Le Mouroux