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Intolérance 2.0 au "Banistan", le pays de la censure

La République Islamique du Pakistan collectionne les interdictions : alcool, jeux, cheveux longs pour les musiciens et même l'utilisation des téléphones portables à l'occasion de fêtes religieuses. Au point que certains la surnomment : le Banistan, le pays des interdits.

En septembre 2012, c'est la diffusion par Youtube du navet anti-islam "L’Innocence des Musulmans" qui met le feu aux poudres. Produit aux Etats-unis, il met en scène le prophète sous les traits d'un enfant bâtard et d'un coureur de jupon. Un blasphème absolu pour les autorités pakistanaises qui exigent la censure immédiate de la vidéo, ce que refuse la world compagnie. Dans un pays où la censure règne et où les Talibans imposent leur loi sur des régions entières, la fermeture de Youtube est un coup dur. Un an plus tard, l'interdiction n'est toujours pas levée.

Ali Gul Pir

Chaque année, des dizaines de milliers de paysans pakistanais affluent à la recherche d'un travail vers la sixième plus grande ville du monde, Karachi et ses vingt-deux millions d'habitants. Considérés comme des citoyens de seconde zone, ces démunis sont méprisés par leur pays, un scandale que dénonce le musicien Faris Shafi. Au Pakistan, de plus en plus d'artistes sont devenus des stars grâce au net. En juin 2012, Ali Gul Pir met sur Youtube ce clip "Waderai ka beta", où les "gosses de riches" en ourdou.  

Ali s'y moque des privilégiés qui s'achètent des hummers plutôt que de payer leurs impôts. Dopée par les réseaux sociaux, cette satire réunit 500 000 visiteurs en moins d’une semaine. On lui propose même de partir en tournée aux Etats-Unis. En Mai 2013, la tenue des élections législatives revêt un caractère historique au Pakistan. Pour la première fois, un gouvernement civil termine son mandat sans coup d’Etat.  C'est l'occasion pour Ali de sortir son nouveau tube "VIP".  Dans ce clip exclusivement diffusé sur le web, il se moque de la classe politique pakistanaise en incarnant un leader pourri jusqu'à la moelle.

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Waderai Ka Beta - Ali Gul Pir

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Ali Gul Pir - VIP

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Ali Gul Pir - VIP

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Ali Aftad Saed

Il y a deux ans, Ali, ex-journaliste monte le groupe "la Brigade du déshonneur", un pied de nez à la "police des vertus" talibane, la milice qui fait régner la terreur dans les rues en invoquant la loi islamique. Pour critiquer le Pakistan, le groupe joue la carte de l'humour. Leur premier hit, "Aloo Anday" est le nom d'une spécialitée pakistanaise. Un "curry de pomme de terre" qui les écoeure autant que leur pays. Ce clip visible sur le net s'attaque frontalement aux clichés véhiculés par la propagande gouvernementale et les fondamentalistes religieux à coup de pancartes provocatrices.

 

Aalu Anday   Beygairat Brigade

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Aalu Anday Beygairat Brigade

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Sibti

Dans son clip Aané Dé, "Laissez moi venir" en ourdou, le chanteur Sibti prend à rebrousse poil les nationalistes pakistanais en déclarant sa flamme au frère ennemi : l'Inde. Il met en scène son rêve, s'installer de l'autre côté de la frontière quitte à se tailler la moustache à la mode bollywood. Le mois dernier, le Ministre de l'Information pakistanaise déclarait qu'une solution pour lever l'interdiction de Youtube pointait à l'horizon. Un pas en arrière, un pas en avant, pour Faris le Pakistan fait surtout du surplace.

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Sibti - Aane De

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Reportage : Vina Hiridjee