TRACKS NEWS / 29-06-18 / Jane, Serge et le chat tueur
DIABLESSES

Jane, Serge et le chat tueur

Gainsbourg et Birkin aux prises avec un matou maléfique : Tracks vous a déterré les aventures du couple mythique dans un « gothique spaghetti » oublié. Avec, à la clef, un cadeau à gagner…

"La première fois que nous avons été présentés, Serge et moi, j’avais mal compris son nom, je croyais qu’il s’appelait Serge Bourguignon. Je m’étais dit: “Mais qu’est-ce que c’est que ce poseur avec sa chemise mauve ?“, dit-elle. «On va donc en studio tourner une ou deux scènes et d’emblée, excédé, je lui balance : “Mais comment pouvez-vous accepter de tourner un rôle en France alors que vous ne parlez pas un mot de français ?“ Du coup, elle se met à chialer », racontait-il. Sans le cinéma, et la ténacité d’un réalisateur, Pierre Grimblat, le duo iconique de la chanson française n’aurait peut-être jamais existé. Car c’est sur grand écran, en 1969, que naît l’idylle entre le chanteur déjà célèbre et la jeune beauté à peine débarquée de son Angleterre natale. Au-delà du film, Slogan, que Pierre Grimblat a écrit avec le père de la blaxploitation Melvin Van Peebles, a des allures de documentaire sur la naissance de la passion entre Jane Birkin et Serge Gainsbourg, aussi fulgurante que leur rencontre fut désastreuse…

Quatre ans plus tard, en 1973, Birkin et Gainsbourg se retrouvent à nouveau ensemble à l’affiche. Entretemps, il a sorti l’un de ses chefs d’œuvre, L’histoire de Melody Nelson et elle a tourné dans ce qui deviendra un monument du cinéma français, La Piscine, aux côté de Romy Schneider et Alain Delon. Et surtout, ils ont enregistré l’hymne à l’amour torride, Je t’aime… moi non plus. Largement censuré en Europe, le titre s’attire les foudres du Vatican qui le qualifie publiquement d’obscène : habemus scandalum, la publicité du titre sulfureux est assurée par l’ire papale, bien malgré elle. C’est ce scandale qui donne au réalisateur Antonio Margheriti, flairant le bon coup, l’idée de réunir le couple sulfureux à l’écran pour son film La Morte Negli Occhi del Gatto, littéralement « La mort dans l’œil du chat », sorti en français sous le titre Les Diablesses : un huis clos dans un château écossais vraisemblablement (enfin façon de parler) hanté par un chat tueur qui sème encore plus de cadavres humains dans son sillon que de petites boulettes de plumes de moineaux. Bref, la terreur de la litière. Erotisée, Jane Birkin y joue le rôle de l’ingénue traquant la sale bête tandis que Serge Gainsbourg y campe un inspecteur encore plus flegmatique (et à peine mieux coiffé) que Columbo qui mène l’enquête. Malgré l’affiche, Les Diablesses n’a pas rameuté les foules à sa sortie et a fini par tomber dans l’oubli. Mais le film reste l’un des derniers tours de pistes du gothique à l’italienne, disparu peu après la sortie des Diablesses. Il est aujourd’hui disponible en DVD grâce à notre digger de films de genre préféré, Alexis, dont nous vous avions parlé l’année dernière qui édite avec Ciné2Genre ces longs-métrages inédits. Et grâce à qui vous allez pouvoir gagner l’édition collector en digipack des Diablesses. Mais comme on n’a rien sans rien ma bonne dame, il vous faudra d’abord affuter vos plumes et nous écrire dans la section commentaire ci-dessous pourquoi vous le valez bien (mauvaise foi et cirage de pompes bienvenues, comme d’habitude). En attendant, rien que pour vos petits yeux, voici un extrait inédit du film : l’interrogatoire de l’inspecteur Gainsbourg avec la châtelaine Birkin.

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