TRACKS NEWS / 02-07-17 / Laisse tomber la neige, la ...
Reine des neiges 2

Laisse tomber la neige, la suite

Deuxième chapitre de notre véritable histoire de la Reine des Neiges à l’heure du réchauffement climatique : déshydratée, la tiare en pagaille, la Reine décide de lancer une opération congélateur sur la planète.

Résumé du chapitre 1 : effrayée à l’idée de devenir la Reine de la Gadoue, au lendemain de l’année deux mille seize, la plus chaude depuis l'invention de la météo, la Reine des Neiges s’est retrouvée en rade sur la banquise de l’Arctique, rétrécie comme une peau de chagrin. Complètement stone sous l’effet de gaz hilarants relâchés par le permafrost fondant, elle a assisté, hagarde, à la fonte du sol autour d’une centrale nucléaire russe, à deux doigts de la catastrophe…

C’en était assez. La Reine des Neiges décida d’agir. Direction l’archipel du Svalbard, au nord de la Norvège, où se trouve la réserve mondiale des graines, le coffre–fort des principales semences terrestres. Un trésor enfoui sous une montagne au-delà du cercle polaire. Une sorte de sauvegarde de la flore mondiale en cas de catastrophe. Seulement voilà, sous l’effet du réchauffement climatique, la réserve était désormais sujette aux inondations à cause de la fonte du permafrost qui vient dégouliner aux portes du coffre-fort. Catastrophée, la Reine des Neiges s’apprêtait à relever ses jupons pour s’activer et éponger le dégât des eaux quand, fort heureusement, elle vit une équipe de grands gaillards nordiques qui veillaient au grain, enfin aux graines puisque désormais, ils surveillaient la réserve 24/24. Evidemment, plus personne n’osait vraiment parier que le coffre-fort des graines devait exister pour l’éternité, comme c’était le cas à sa création en 2008. Mais en attendant, aucune du million de semences de la réserve n’avait pris l’eau et c’était toujours ça de gagné…

ABC Australia, A look at the Svalbard Global Seed Vault

02m45

ABC Australia, A look at the Svalbard Global Seed Vault

02m45

+
-

C’est alors qu’un pigeon voyageur se posa sur l’épaule de la Reine des Neiges, qui, non, n’avait pas de portable vu que c’est un conte de fées, avec un message. C’était le Roi du Monde, alias Bill Gates, aka l’homme le plus riche de la planète pour la quatrième année consécutive selon le magazine Forbes. Lui aussi avait trouvé de quoi nourrir et sauver la planète à la fois : le « beyond burger », traduisez le « au-delà du hamburger ». Comme un quart des émissions globales proviennent de l’industrie agro-alimentaire dont la production de viande, le fondateur de Microsoft avait investi dans ce premier burger entièrement à base de protéines végétales. Et, comme papa Bill est malin, il avait boosté son simili steak de petits pois pour en faire un produit avec « plus de fer que dans un steak, plus de calcium que dans du lait et plus d’oméga que dans du saumon », pour être comme le monsieur dans la vidéo promotionnelle du Beyond Burger, c’est à dire très grand, très costaud et très Américain.

The Beast Burger - Beyond Meat
The Beast Burger - Beyond Meat
+
-

Il était maintenant temps de passer aux choses sérieuses… La Reine des Neiges partit à la recherche de solutions pour terrasser le monstre du réchauffement climatique. Elle se rendit tout d’abord chez la Reine des Anglais, parce que, en plus d’être joliment habillée en bleu pétard des pieds au bibi, elle avait parmi ses sujets des scientifiques de l’Université de Bristol qui essayaient de créer des nuages artificiels pour bloquer le rayonnement du soleil. L’idée étant de fabriquer des cumulus en pompant l’eau de la mer et en la faisant passer dans un tuyau à un kilomètre d’altitude pour ensuite vaporiser des particules d’eau dans l’atmosphère. Mais le nuage artificiel restait pour l’instant à l’état de projet et l’espoir de faire pleuvoir à volonté s’éloignait comme l’Angleterre de l’Europe. Et pendant ce temps, comme le montraient les images satellite de la NASA, le royaume terrestre se desséchait, se desséchait, se desséchait…

C’est alors que la Reine des Neiges le vit. Immense, rond, transparent, on aurait dit une méduse géante. Lui, c’était le prototype du « parasol polaire » : une structure destinée à rafraîchir la température globale de la Terre tout en produisant de l’énergie. Il avait été inventé par un architecte de Floride, Derek Pirozzi, qui avait désobéi à son souverain, le Roi des Américains, qui avait pourtant bien exhorté son peuple à continuer à polluer comme des cochons. Sorte de metropolis autosuffisantes - avec laboratoires de recherche, refuges pour animaux et stations d’énergies alternatives – les parasols polaires avait été conçus pour régénérer la calotte glacière grâce à leurs chambres froides capable de congeler des eaux marines. Conçus comme des canopées flottantes, ils pouvaient également protéger les pôles des rayons ultra-violets en les absorbants et les transformant en énergie renouvelable.

Novel Polar Umbrella Skyscraper
Novel Polar Umbrella Skyscraper
+
-

Enfin la Reine des Neiges avait repris espoir. Après tout, grâce à des hommes de bonne volonté et au progrès de la science, la Terre allait peut-être se sortir de cette mauvaise passe dans laquelle l’Humanité négligente l’avaient conduite. De joie, elle eût envie de chanter « libééréééee délivrééééee » mais, ô joie de la fiction, désolés là on n’a plus le temps.

Fin.