Les Derniers Parisiens : l’école de la caméra d’argent

Rencontre avec Hamé et Ekoué, membres du groupe de rap la Rumeur et réalisateurs du film « Les derniers Parisiens », une immersion dans le Pigalle de la fête, du sexe et des voyous.

Moitié du groupe La Rumeur, Ekoué répète souvent qu’il est toujours chez lui parmi le dédale des rues de Pigalle même si le quartier a quelque peu changé ces dernières années : un quartier « bobo hipster de mes couilles » dixit Nass’ dans le film pour décrire l'emoubourgeoisement. A l’image d’autres quartiers parisiens autrefois populaires et bon marché, Pigalle s’est embellie et enrichie. Dans Les derniers parisiens, Hamé et Ekoué rendent hommage au Pigalle d’antan, aux « bars à tabourets » et aux néons scintillants des cabarets qui jalonnent le boulevard de Clichy. Une plongée dans l’envers du décor du Pigalle d’aujourd’hui touristique mais qui conserve encore une certaine authenticité à la nuit tombée. Le film suit la sortie de prison de Nass’ joué par Reda Kateb, un ex-taulard assoiffé de réussite, de fêtes et d’oseille.

LES DERNIERS PARISIENS Bande Annonce (2017) Mélanie Laurent, Reda Kateb
Les Derniers Parisiens (trailer)
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Ce film n’est pas une première pour Hamé et Ekoué puisque les deux réalisateurs s’étaient déjà retrouvés ensemble derrière la caméra pour le téléfilm De l’encre sorti en 2011. Les deux rappeurs critiquent dans ce long-métrage l’industrie du rap commercial ou le rap français comme ils le surnomment, en opposition avec leur rap de « fils d’immigrés ». D’ailleurs Les derniers parisiens ferait presque figure de suite à ce premier long-métrage où Slimane Dazi reprend son rôle d’Arezki qui s’est assagi et Reda Kateb celui du « jeune loup » Romuald désormais quarantenaire et ex-taulard. Seule Karine Guignard aka La Gale qui incarnait le personnage de Nejma dans le long-métrage manque au casting.

« Jusque là on avait pas montré Pigalle comme quelque chose qui était en train de perdre ses dernières figures populaires » Hamé

Avec ses répliques en argot, le film est indéniablement une réminiscence à Bob le flambeur de Jean-Pierre Melville sorti en 1956. La trame ne change pas : s’afficher pour cramer fièrement son cash lors des nuits endiablées de Pigalle. Le film d’Hamé et Ekoué reprend les codes du polar de voyous à la française. Les générations sont différentes mais les flambeurs toujours bien présents. 

Bob Le Flambeur (1956) Trailer
Bob le flambeur (Jean-Pierre Melville, 1956)
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