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Les maîtres de la désobéissance civile

Depuis plus de trois ans, un groupe d’artistes, d’activistes et de chercheurs berlinois fustigent de manière aussi efficace que médiatique les inepties politiques et l’hégémonie des global players industriels en lançant des actions à la fois astucieuses et radicales. Leur dernier « méfait » : un programme de resocialisation pour les agents des services de renseignement qui veulent raccrocher.

Intelexit est une plate-forme développée l’année dernière par Peng! destinée aux espions qui veulent se ranger des voitures. Le collectif a même osé en faire la publicité devant le siège de la NSA, des services secrets britanniques et du BND allemand.

Cet été, le collectif met à feu le prochain étage de la fusée : Call A Spy. Ce sera le premier centre d’appels au monde permettant d’entrer en contact avec des espions. Les participants à cette action seront formés aux stratégies de communication avant de pouvoir tenter, dans un entretien téléphonique personnel avec de vrais (!) collaborateurs des services secrets, de les faire raccrocher.

Paul von Ribbeck, du collectif Peng!
« Ce qui nous unit, c’est la volonté d’aiguiser l’esprit critique de la société civile, de développer de nouvelles formes, des approches plus poétiques pour aller de l’avant, et tant pis si certains trouvent ça idiot. »

Les artistes-activistes de Peng! commencent là ou d’autres abandonnent : ils ont donné une conférence de presse bidon au siège du géant de l’énergie Vattenfall, se sont fait passer pour des salariés de Google pour présenter, lors d’une conférence Internet, de nouvelles applis permettant de collecter des données, ont piraté le site de la Bundeswehr, décerné des croix du mérite à des personnes qui ont aidé des transfuges à prendre la fuite et ont entarté Beatrix von Storch, dirigeante du parti d’extrême droite allemand AfD lors d’un meeting politique.

Nous avons suivi Peng! lors d’une de ses actions en 2015.