Mo Yi : Pékin voit rouge

Né au Tibet, footballeur professionnel, artiste contestataire : Mo Yi est un photographe témoin des transformations de son pays.

Aujourd’hui adulé dans son pays, le photographe Mo Yi a connu une trajectoire de vie quelque peu sinueuse… Et elle commence au Tibet, lorsque ses parents décident d’y émigrer, répondant à la sollicitation du gouvernement communiste chinois pour s’y installer. Après une carrière footballistique dans l’équipe tibétaine, puis pour la ville de Tianjin, il décide de faire de la photographie son moyen de s’exprimer. Souvent mal considéré par le pouvoir en place à cause du travail qu’il fournit, davantage axé sur l’individu que la moyenne tolérée. Tout en travaillant dans un hôpital, il continue ses travaux sur les mouvements de foule et popularise, trente ans avant son règne total, le “selfie” avec sa série “Un mètre, la vue derrière moi”.

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Mo Yi

5 photos

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« Quand je regarde en arrière, je m'aperçois que mon travail a toujours été à la pointe de l'actualité, alors que je ne savais pas moi-même ce qui était en train de se préparer. »

Suite à une tentative de présenter des photos pro-démocratiques, il est en emprisonné en 1989 ; il s’était pris en photo sur la place Tian’anmen pendant les manifestations, portant un habit sur lequel il était écrit “Riant, je porte le deuil de la mort de l’ancien système féodal ; criant, je remercie la naissance de la démocratie”. Aujourd’hui, Mo Yi est enfin reconnu dans son pays et a reçu plusieurs prix pour l’ensemble de sa carrière.

Un reportage de Constante Cottus 
Images : Zoltan Hauville
Son: Maya Rosa

 

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