« Personne n’a jamais rien donné à Joe Bataan. »

Il fait partie des premiers à avoir enregistré du rap : retour sur le parcours atypique de Joe Bataan, esprit libre de la musique latino-américaine.

Né de parents philippins et afro-américains en 1942, Joe Bataan se distingue d’abord par son métissage : il passe son enfance au cœur du « Spanish Harlem », quartier philippin de Manhattan. À 16 ans, il est l’un des leaders du gang des « Dragons », façon East Side Story, ce qui va le conduire à passer deux ans en prison qu’il rentabilise en apprenant le piano. À sa sortie, le Boogaloo, mélange de mambo et de R’n’B, connaît un grand succès.  

Par défi, il fonde son propre groupe : les East Side Kids. Sa force ? Ne pas prononcer le mot « amour » et s’éloigner des clichés habituels du genre en mêlant ghetto et sonorités latin-soul. Cet anticonformiste va jusqu’à fonder son propre label en 1973, Salsoul, et, en 1979, sort ce qui est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers rap jamais enregistrés : Rap-O Clap-O.

JOE BATAAN. rapo clapo 1980
Rap-O Clap-O - Joe Bataan
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Toujours engagé dans le milieu carcéral – en tant qu’éducateur dans la prison de sa jeunesse – il a aujourd’hui réintégré son ancien label, Fania Records. Gypsy Woman et Riot, les titres phares de sa carrière, n’ont pas pris une ride.

Joe Bataan Performs "Gypsy Woman" At Central Park SummerStage (Official Video)
Gypsy Woman, live 2012 - Joe Bataan
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Un reportage de Anne-Cécile Genre