Video gaga

En utilisant les techniques rudimentaires du trucage électronique dans des autoportraits, le pionnier de l’art vidéo Peter Campus a fait de son sujet de prédilection un modèle d’interactivité avant l’heure.

« Video ergo sum », je filme donc, je filme donc je suis, c’est la maxime de Peter Campus, 80 ans. Il y a 45 ans, avec une poignée d'autres pionniers comme Nam June Paik ou Bruce Nauman, le new-yorkais s'est emparé d'un media tout neuf, la vidéo, qu'il a projeté dans les galeries d'art.

« Même des gens qui peignaient ou des sculpteurs prenaient des cameras pour faire de la vidéo ou quelque chose qui n'était ni de la peinture, ni de la sculpture. Et c'était très bien accueilli dans le monde de l'art. » Peter Campus

Il rejoint le Panthéon des artistes vidéos en 1973 avec "Three Transitions" : en trois séquences de cinq minutes au total, il met le feu à son image ou se dédouble en utilisant la technique aujourd'hui très prisé des monsieur météo, de l'incrustation d'image sur un fond bleu.

Three Transitions - Peter Campus
Peter Campus – Three Transitions
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Contrairement à ses collègues qui tentaient de peindre avec les pixels, Peter Campus se concentrait sur un domaine dont on n'imaginait pas encore le potentiel : l'interactivité. Dès 1971, il installe des caméras dans les galeries d'art, invitant le spectateur à jouer avec sa propre image.