TRACKS NEWS / 16-12-17 / Playlist spéciale bien-être
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Playlist spéciale bien-être

Cliquez, écoutez : le bonheur est au bout de la playlist. Faites-nous confiance… 

Fini de se lamenter et de se laisser aller ! Aujourd’hui, il faut avoir un esprit heureux dans un corps sain. Cédant à l’injonction générale, et à l’occasion de la diffusion cette semaine de « Tracks spécial bien-être », nous allons vous aider à atteindre l’acmé de votre épanouissement personnel grâce à une playlist spéciale chansons du bonheur : des airs qui, promis, vont vous donner le sourire. Mais par contre pas longtemps. Parce que derrière ce qui promet du bonheur, il y a souvent de la douleur (cf l’amour, la famille, le PSG), il nous a semblé de notre devoir de vous montrer que même derrière les musiques les plus enjouées se cachent parfois des abîmes d’angoisses. Allez, en piste !

Outkast - Hey ya!

Hey toi, mets donc une chemise verte et sautille sur ce tube d’Outkast ! Oui, chante à tue-tête « oh ouaille, oh ouaille, oh ouaille » sans te douter que la suite, que tu marmonnes en yaourt, est en fait « So why are we so in denial, when we know we’re not happy here ? », c’est à dire « Pourquoi sommes-nous tant dans le déni alors que nous savons que nous ne sommes pas heureux ensemble ? ». Eh oui, le tube à danser de la bande d’André 3000 est en réalité une chanson sur l’usure du couple, le désamour et la cohabitation forcée entre deux personnes qui ne peuvent plus se voir en peinture. Chouette, dansons alors !

Une souris verte

Elle en a bercé, des chères têtes blondes, cette comptine populaire… L’histoire d’un gentil petit rongeur vert qui courait dans l’herbe et qu’on attrape innocemment par la queue pour la transformer en escargot ? Que nenni ! En réalité, cette chanson destinée aux enfants parle de la Guerre de Vendée qui éclata pendant la Révolution Française (cherchez l’erreur) et ladite souris verte représente un officier royaliste, capturé par un soldat républicain. Celui-ci le « montre à ses messieurs », c’est à dire ses supérieurs, et le célèbre « trempez la dans l’huile, trempez la dans l’eau » est une métaphore de la torture et l’exécution du malheureux soldat vendéen. Ca va les enfants, ça vous a plu ? Sinon il y a aussi Il était un petit navire qui raconte par le menu et sans détour comment l’équipage d’un navire qui manquait de vivres tire au sort celui qui sera mangé par les autres. Et allez, des générations chez le psy… 

MMMBop – Hanson

A part une onomatopée calibrée pour faire sautiller dans les chaumières, on n’a jamais vraiment trouvé (ni cherché d’ailleurs) de sens dans le vers d’oreille acidulé des trois blondinets à cheveux longs. Et pourtant, sans aller jusqu’à dire que c’est du Shakespeare, les frères Hanson soulèvent ici la cruciale question existentielle de la solitude ainsi : « Seule une ou deux relations perdurent dans la vie, toute cette peine et ces conflits pour et, à peine tu as le dos tourné, tout le monde est parti ». Si on ne peut même plus compter sur la pop pour ados pour nous remonter le moral…

Jump – Van Halen

Ah, cette hymne à l’amour des fûtes en cuir moulants, des mises en plis avec balayage blonds et des sauts en l’air… Sauf que Jump n’est pas une incitation à faire des grands écarts en sautillant en l’air comme David Lee Roth et son étonnante maîtrise du coller pied-oreille. Il s’agit en réalité d’une allusion à un fait divers tragique qui a inspiré le chanteur : l’histoire de la tentative de suicide d’un homme en train d’enjamber la balustrade du 33ème étage d’une tour de Los Angeles pendant que la foule, massée en bas, lui crie de ne pas sauter. En regardant la scène en direct à la télévision, David Lee Roth a une phrase qui lui vient en tête : "Might as well jump" (« autant sauter »), qui deviendra le refrain de son tube. Alors, on a moins envie de sauter là tout de suite, hein ?

KISS - Detroit City Rock

On pensait naïvement que ce tube de Kiss était une incitation à se trémousser en lycra et platform shoes ; on se mettait le doigt dans l’œil aussi profondément que la langue XXL dans le gosier de Gene Simmons. Car la chanson de Kiss sortie en 1976 s’inspire, elle aussi, d’un fait divers tragique : la mort dans un accident de voiture d’un fan qui se rendait à un concert du groupe à Detroit. "Un camion arrive en face, j’ai la lumière de ses phares dans les yeux, mon Dieu, pas le temps de tourner, autant rire car je vais mourir », chante Paul Stanley. Sans blague… 

Léo Ferré – Avec le temps

Parfois, se faire vraiment du mal, ça fait du bien. On termine donc avec le sublime chef d’œuvre de la déprime musicale signé Léo Ferré. Amis lecteurs allemands, on ignore comment c’est chez vous mais sachez qu’ici, on aime beaucoup les chansons qui, comment dire… donnent envie de se passer la tête dans un nœud de corde. Ainsi, grâce à Jacques Brel, nous supplions en chantant l’être aimé qui nous a largué comme une daube de nous laisser être l’ombre de son chien. Avec Georges Brassens, nous entonnons qu’il n’y a pas d’amour heureux, et sur cinq couplets, histoire de bien enfoncer le clou. Et avec Edith Piaf, nous beuglons joyeusement que si un jour la vie t’arrache à moi, peu m’impoooorte si tu m’aimes car moi je mourrai aussi. Voili voilou… Quant à la chanson de Ferré, elle se termine par ces paroles :

« Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps... on n'aime plus ».

 

Allez, tout le monde ensemble !