TRACKS NEWS / 11-04-18 / Les pédagogues du vagin
pussy power

Les pédagogues du vagin

Tout, tout, tout vous saurez tous sur le zizi féminin ! A l’occasion de la diffusion de notre reportage sur le féminisme digital cette semaine, focus sur le nouveau pussy power.

« Mon vagin sent très bon, merci ! ». La phrase n’est pas banale, surtout dans la bouche d’une Secrétaire d’Etat en exercice. Qui plus est entourée de deux anciennes ministres. C’était le 7 mars dernier, veille de la Journée internationale des droits des femmes : Marlène Schiappa, Roselyne Bachelot et Myriam El Khomri reprenaient pour un soir Les Monologues du Vagin, texte emblématique du féminisme depuis deux décennies, sur la scène de Bobino, à Paris. Une performance saluée par une standing ovation en plein chambardement #metoo et dans une période où les tabous autour du rapport au corps et de la sexualité des femmes semblent tomber les uns après les autres. Et ce grâce à une multitude d’initiatives qui font bouger les lignes en s’attaquant notamment à l’ignorance qui subsiste autour du sexe féminin. Parmi elles, la création d’un portail d’éducation sexuelle à l’ère digitale : Pussypédia. Un Wikipédia du minou, donc, qui devrait ouvrir ses portes virtuelles en 2019. Basées à Mexico, les créatrices de cette encyclopédie collaborative – bilingue espagnol-anglais - consacrée au vagin veulent combler le manque d’informations dont disposent les jeunes mexicaines et éliminer la vision catholique et moraliste qui entoure selon elles la sexualité au Mexique. Orgasme, ménopause, MST, règles, masturbation… aucun sujet tabou au programme et Pussypédia proposera aussi une modélisation en 3D qui permettra de visualiser tous les organes génitaux féminins pour un rattrapage de cours d’anatomie efficace et ludique.

Après le musée du phallus en Islande, bientôt un musée du vagin à Londres ? C’est en tout cas le projet de Florence Schechter, jeune spécialiste en communication scientifique anglaise de 26 ans, bien décidée à ouvrir la première académie scientifique et artistique sur le sexe féminin avec trois galeries : l’une consacrée à la biologie de l’appareil génital et à l’identité sexuelle, l’autre aux représentations du vagin dans l’art et la dernière sur le rapport au sexe de la femme dans le monde. Féministe engagée, Florence Schechter entend aussi faire de son musée du vagin un outil de réflexion sur la notion de consentement sexuel et de lobbying sur des questions comme celle de décriminalisation de l’avortement. Un combat encore d’actualité en Occident aussi ; le 25 mai prochain, l’Irlande organisera un référendum sur la question alors qu’elle a la législation la plus restrictive d’Europe puisque l’avortement n’y est prévu qu’en cas de risque mortel pour la mère… En attendant que le projet de Florence Schechter ne voie le jour, sous réserve de collecte de fonds, on peut faire un tour sur son ancêtre, le musée du vagin virtuel (fondé par l'artiste autrichienne Kerstin Rajnar) et se détendre (quoique…) en regardant Smear (« Frottis ») court-métrage de série Z humoristique sorti pour la dernière Journée de la femme sur un frottis vaginal qui tourne au film d’horreur. Mesdames, vous n’irez plus jamais chez le gynéco de la même façon !

Rendez-vous ce 13 avril dans Tracks avec les digi-féministes, les prêtresses du girl power qui mènent le combat sur les réseaux sociaux.