« J’aime les mots, mais je ne les trouve pas indispensables »

Plus proche du savant fou que de l'humoriste, Reggie Watts invente un nouveau genre de Stand Up, qui mêle beat-box, linguistique et humour absurde.

Parler pour ne rien dire et pour faire rire, c'est l'obsession de Reggie Watts. Né en 1972 à Stuttgart d’un père afro-américain et d’une mère française qui se sont rencontrée en Allemagne, il migre avec sa famille aux États-Unis quand il est enfant. Après des études de jazz, Reggie monte plusieurs groupes de musique et des one man show. Beatboxer, conférencier, animateur du « Late Late Show », rappeur, le nonchalant Reggie fait feu de tout bois.

« La langue peut être une barrière, mais sans la langue, on est libéré de toute contrainte, parce qu'au final, ce n'est rien d'autre qu'un tas de textures, d'intonations, de sons et d'intentions. Donc si je dis du charabia et que j'utilise un langage corporel, par exemple si je fais un spectacle en Italie et que je ne parle pas italien, je peux parler un faux italien. Je peux désigner des choses, tenir des discours et ça fait rire les gens. Je ne parle pas vraiment, mais ça sonne comme de l'italien, donc ils voient ce que je veux dire. On n'a pas vraiment besoin des mots. Mais j'aime les mots, je n’ai rien contre eux. Je les trouve pas indispensables, c'est tout! »