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A São Paulo, des squatpartys à message politique

En l’espace de six ans, un univers clandestin de teufeurs s’est développé dans l’une des plus grandes mégapoles du monde. Ils squattent des bâtiments désaffectés et des espaces publics pour organiser des mégafêtes techno, histoire aussi de dénoncer la crise du logement et les injustices sociales.

DJ Paulo Tessuto est le pape de la scène techno au Brésil. Ses fêtes siglées « Carlos Capslock » attirent des milliers de personnes. Et pas qu’à São Paulo : la génération spontanée a éclos aussi à Londres, à Berlin, à Istanbul. Le public est mixte à tous points de vue. Queer, hétéro, trans, hipster, riche, pauvre, SDF… tous se cotoient. Car le but recherché, c’est de créer des espaces de rencontre pour des gens qui ne se croisent jamais au quotidien et de pointer les absurdités du système.

Paulo Tessuto :
« São Paulo est une ville où les différences sociales sont extrêmes. Beaucoup de gens sont à la rue alors que d’autres gagnent des millions. L’appartenance à une couche sociale est déterminée par la société. Nos fêtes fédèrent ces mondes séparés, offrent un espace commun. Une teuf dans l’espace public ou dans la rue permet la rencontre entre des personnes qui ne seraient jamais croisées. »

Avec ses 21 millions d’habitants, la mégapole São Paulo est la plus grande agglomération de l’hémisphère sud mais aussi de tout l’Occident. Même ceux qui ne comptent pas parmi les 1 300 millionnaires paulistes peuvent – (grâce à une toute nouvelle appli – appeler un hélico-taxi sur leur smartphone pour échapper aux interminables bouchons de cette jungle de béton.

Et pour échapper du même coup aux 16 000 SDF qui ne trouvent pas à se loger malgré les 40 000 bâtiments vides du centre-ville. Tendance à la hausse. Au lieu de rénover l’habitat existant, on construit de nouveaux immeubles qui restent inaccessibles pour ceux qui en ont besoin. Car depuis 2006, les loyers ont augmenté de plus de 150 %.

Paulo Tessuto n’est pas le seul combattant sur ce front. DJanes Cashu et Laura Diaz lui ont emboîté le pas avec leurs soirées estampillées « Mamba Negra ». Ils viennent de fêter leur 3e anniversaire. Là aussi, des rassemblements festifs illégaux dans des quatts ou des espaces publics. D’ailleurs, ils ont déjà travaillé avec Tessuto. Ces fêtes n’ont pas qu’un caractère symbolique. Soit elles sont carrément gratuites, soit on paie une dizaine d’euros, c’est-à-dire un cinquième de ce que coûte l’entrée dans un club standard de São Paulo. On y collecte des livres, des vêtements et des aliments au profit des SDF et des squats, en plus de reverser 50 % de la caisse du soir. Ceux qui apportent quelque chose paient demi-tarif.

Nous vous recommandons vivement le documentaire suivant si vous voulez en savoir plus sur ce mouvement et son histoire à São Paulo :

O QUE É NOSSO - Reclaiming the Jungle

08m12

« O QUE É NOSSO - Reclaiming the Jungle »

08m12

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