Toshio Saeki : Au sévice de l’art

Il a commencé par nourrir les expériences masturbatoires de ses petits camarades de classe avec des dessins érotiques issus de son imagination débordante. Aujourd’hui, il est passé maître de cet art.

« Je trouve plus créatif de représenter des actes érotiques sans dessiner de sexe. »

Depuis les 70’s, Toshio Saeki est l’un des virtuoses de l’Ero Guro, « érotisme grotesque » en VF. Né dans la tradition du shunga, ces estampes érotiques japonaises dont la pieuvre d’Hokusai est l’exemple le plus fameux, l’Ero Guro est un mouvement littéraire et artistique japonais porté par l’auteur Edogawa Rampo dans les années 1930. Saeki illustre l’une des nouvelles étranges et érotiques du maître, « La chaise humaine », l’histoire d’un homme qui se cache dans un fauteuil afin d’abuser d’une femme.

-

Toshio Saeki

8 photos

+
-

Dans son œuvre, la gravure japonaise classique s'associe aux motifs de la culture underground nippone, lien paradoxal qu’il incarne parfaitement en tant que dessinateur pour « Heibon Punch », le playboy japonais. Monstres, bonzes et autres personnages de l’imaginaire japonais violentent de jeunes écolières dans un univers loufoque.

« J’adore soulever le couvercle que la société maintient sur nos désirs inavouables. »

Pour Toshio Saeki, l'art doit contrarier la bienséance de ses spectateurs, quitte à susciter le scandale - « À quoi bon être artiste si ce n’est pas pour bousculer le bon goût du public ? ». À l'occasion de la sortie en France de « Rêve Écarlate », le premier volume édité d'une intégrale de son œuvre par Cornélius, Tracks est parti à la rencontre de cet ermite reclus au fin fond de la campagne japonaise.