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Princesse 3.0

Un jour mon prince mèmera, la suite

Exit le prince charmant. Aujourd’hui, Cendrillon vit avec un lovedoll. Suite et fin de notre version moderne du conte de fée : ils vécurent heureux mais seuls, se self-marièrent et n’eurent plus jamais d’enfants…

Résumé du chapitre 1 : après s’être rencontrés sur Tinder, le prince et la princesse du Pays du Monde Connecté vivaient une belle romance virtuelle depuis quatre longues journées. Mais le prince se fit la malle avec un hologramme japonais de vingt ans, plongeant la princesse en plein désespoir… jusqu’à ce qu’elle reçoive un jour, par la poste, le nouvel amour de sa vie : Gabriel, lovedoll en érection permanente, le prince vraiment charmant pour la modique somme de 5990 euros.

Au château du Pays du Monde Connecté, la princesse était enfin heureuse. Car elle avait atteint ce dont rêvent les jeunes filles depuis la nuit des temps et qui n’arrive quasiment jamais : vivre avec un homme qui ne fait jamais de soirée foot avec ses copains, ne connaît jamais de défaillance avant de s’écrouler comme une loque parce qu’il a trop bu et ne se sent pas obligé d’ergoter « tous pourris » à chaque révélation du Penelopegate. Bref, Gabriel était l’homme idéal et la princesse rêvait maintenant de sceller leur union pour toujours. Mais hélas, la loi interdisait à la princesse d’épouser autre chose qu’un véritable humain dont elle pourrait tout aussi légalement divorcer après qu’il l’eût trompée avec une plus jeune qu’elle et claqué le PEL familial pour s’acheter une voiture de sport une fois la crise de la quarantaine arrivée. Jamais ! La princesse préférait mourir… Heureusement, nous étions en l’an deux mille dix sept et, à défaut d’épouser Gabriel, la princesse allait pouvoir célébrer des noces nouvelle génération : le self-mariage. Après avoir acheté le kit « self-wedding-in-a-box » conçu par le joailler californien Jeffrey Levin, avec alliance à 50 dollars, la princesse vécu le plus beau jour de sa vie grâce à la société japonaise Cerca Travel. Pour 2000 euros, elle eût droit au « pack Mariage Solo » avec cérémonie et tout le tralala : la robe-meringue, le chignon avec les p’tites fleurs piquées dedans et même un figurant qui l’emmène jusqu’à l’autel à son bras. Et, face à elle-même, la princesse se jura de s’aimer jusqu’à ce que la mort la sépare...

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Mariée à elle-même, la princesse était, disons-le, clairement en train de passer du côté obscur de l’amour et de la salubrité mentale. Puisque Gabriel ne lui pourrait jamais lui donner d’enfant, elle décida de rejoindre le Mouvement pour l’Extinction Volontaire  de l’Humanité (NDLR : qui existe bel et bien, on n’a pas assez d’imagination pour inventer un truc pareil…). Fondé en 1991, ce mouvement d’activistes écolos radicaux entendait lutter contre la surpopulation afin de sauver la planète. Son fondateur, l’Américain Les U. Knight, qui avait subi une vasectomie volontaire à l’âge de 25 ans, expliqua à la princesse qu’il fallait qu’elle neutralise son appareil génital pour que, progressivement, l’humanité soit réduite à une peau de chagrin. Bien qu’un peu réticente à l’idée de se ligaturer les trompes, la princesse se résolut. A quoi bon mettre un enfant au monde alors que le monde va si mal ? Et qu’avait-elle à lui offrir, elle qui vivait dans le bonheur avec sa poupée en silicone ? La princesse s’apprêtait à signer le document d’adhésion au Mouvement pour l’Extinction Volontaire  de l’Humanité quand tout à coup, son portable bipa. Un texto. Incroyable ! C’était le prince. Qui lui proposait d’aller boire un café. Il avait jeté cette gourgandine de japonaise virtuelle et même son appli Tinder…

Ami lecteur, à ce stade du récit, votre humble narrateur s’interrompt car, ayant prévu une fin qui se terminait à peu près bien, il s’est pris la moitié de la rédaction sur le paletot sur le mode « mais t’es malaaaade, tu vas pas faire un happy end aussi banal, c’est nuuuuul et puis c’est pas Traaaacks ! » (véridique). Donc, à vous le mot de la fin… 

A) La princesse vécût heureuse avec une autre princesse vu que le prince était en fait en transition MTF (male to female).
B) La princesse vécût heureuse avec le prince et ses copains dans une communauté de poly-amoureux
C) La princesse vécût heureuse avec Gérard, le père du prince, qui, lui, était plein aux as
D) La princesse vécût heureuse avec le prince, pas très longtemps, mais c’était toujours ça de pris… (aïe, ne frappez pas la tête !)