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Yescka, l’art de la rue en mode rebelle

Au Mexique ça vaut la peine de regarder attentivement les murs couverts de graffitis. Ici, le street art n’a pas exactement pour vocation d’embellir les villes, mais plutôt de propager des messages politiques qui, sous une autre forme, pourraient devenir dangereux.

Oaxaca est un Etat du Sud du Mexique. En 2006, des troublent éclatent après une grève des enseignants. Les manifestants occupent les administrations ainsi que les télévisions et radios locales pour protester contre le gouverneur à leurs yeux corrompu et autocrate. La police fédérale rétablit finalement l’ordre dans la ville en recourant à la violence. Les médias se font à peine l’écho de ces événements. Le street artiste Yescka a donc décidé de politiser ses œuvres – avec son matériel de graffeur, il lutte à présent contre l’omerta imposée par l’Etat. 

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Yescka

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Les murs de la ville - Un moyen de parvenir à ses fins

Avec ses collègues du collectif ASARO (Asamblea de artistas revolucionarios de Oaxaca), il se sert des murs de la ville pour critiquer le gouvernement et propager ses messages parmi la population.
Normalement, Yescka dissimule son visage, car au Mexique, il ne fait pas bon exprimer ouvertement son opinion devant les caméras.
Mais en Europe, Yescka laisse tomber la capuche : il évoque sans détours ce à quoi s’exposent les Mexicains trop critiques dans leur pays. 

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Yescka

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Sa technique

Yescka ne se contente pas de critiquer ceux qui détiennent le pouvoir – officiels ou non, comme les cartels de la drogue – il vise aussi les médias officiels. Peu d’information, beaucoup de copinage et de corruption.
Il a donc décidé d’informer lui-même, non pas avec des tracts, mais avec des graffitis. Parmi ses techniques préférées, les stencils, que l’on peut rapidement reproduire à moindre coût, et les gravures sur bois.
Et voilà qu’une représentation de la Sainte Cène qui a de prime abord des airs parfaitement classiques, prend une toute autre dimension lorsqu’un baron de la drogue sans visage domine une assemblée de politiques et d’hommes d’église. Autre marque de fabrique de Yescka : des héros nationaux en tenue alternative, comme ici Frida Kahlo.

Les images de Yescka sont colorées et accrocheuses, même quand il embrasse des sujets plus sérieux. Chez lui, ô surprise, la mort a l’air de bonne humeur. Comme quoi, l’art politique ne doit pas nécessairement rimer avec ennui.